Résumés articles numéro 7

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RÉSUMÉS ET ABSTRACTS DES ARTICLES DU NUMÉRO 7

« Mondes du livre »

Remerciements à Claude Berger, Hervé Cadiou, Philippe Ernoult, Thierry Guédé et Pascal Guégo
qui ont traduit ces résumés en anglais.

Liste des résumés (cliquer sur le lien ou utiliser l'ascenseur)
  • Jacques André – Numériser un livre ? À propos d'une expérience en cours
  • Marcelle Beaudiquez – « Vivre catalogalement » ou comment sont établis les catalogues des bibliothèques
  • Charlotte Gould – Un livre est un livre est un livre est un livre… Quelques livres d'artistes contemporains à l'épreuve de la lecture de l'art
  • Louis Gruel – Pour une histoire naturelle des bibliophiles
  • Marc RogerJ'attends des livres en transhumance…
  • Marc Vernier – Des origines de l'écriture au livre-objet

    Section des travaux d'anciens élèves du lycée Chateaubriand
  • Youenn Michel – L'école et les langues régionales en France. Quelques perspectives sur l'histoire des lycées au XXe siècle

 

Jacques ANDRÉ - Numériser un livre ? À propos d'une expérience en cours

Mettre un livre sur le web nécessite un certain nombre de choix techniques, tels que le mode de lecture (images, texte ?), le mode de consultation (continu, par index ?), la finalité (s’agit-il d’un livre à lire comme un roman, ou d’un ouvrage à consulter comme un manuel ; et s’adresse-t-on au grand public ou au contraire aux spécialistes qui recherchent peut-être plus que ce qu’il y a dans ce seul livre ?) mais aussi la vitesse de chargement, la facilité de navigation. Sans oublier de répondre à d’autres questions telles que le droit de mettre une œuvre sur le web ou la pérennité du site où on la met.
On présente le pourquoi de ces diverses questions et la façon d’y répondre dans le cadre de la mise sur le web du Manuel typographique de Fournier (1764), qui est en cours à Rennes.

Digitizing a book? On an experiment now in progress
Transferring a book onto the Web involves a number of technical choices such as reading mode (pictures, texts?), consultation mode (continuous, by index?), final aims (is the book to be read as a novel, or a work meant to be consulted as a handbook; is it intended for the general public or on the contrary for such specialists as may be searching for more than there is just in this particular book?), but also downloading time and easy navigation. And other questions should not be omitted such as the right to transfer works onto the Web, or the durability of the site they are transferred on.
Reasons for putting these questions are examined in this article, together with the way they can be answered within the framework of digitizing Fournier's Manuel typographique (1764) now in progress in Rennes. (C. B.)

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Claire AUBERT - Les passeurs

Texto est une société coopérative (SCOP) basée à Rennes qui propose ses services à différentes structures pour imaginer, mettre en place et organiser des événements culturels autour des livres, mais aussi pour concevoir et rédiger des documents de communication en rapport avec les secteurs culturel et social ou organiser des colloques et journées professionnelles.
Un métier à part, qui se compose aussi bien de programmation et de logistique que d’animation et de communication… et qui se fonde sur une envie commune de faire lire et faire circuler les livres, leurs auteurs et leurs idées !

Go-betweens
Texto, a cooperative society based in Rennes, offers its services to diverse organisations to devise, install and organise cultural manifestations around books, but also to create and write up documents of communication related to cultural and social sectors, or to organise professional symposiums and conferences.
A profession apart, that involves planning and logistics as well as animation and communication… and that rests on a mutual desire to have books read and circulated as well as their authors and their ideas. (C. B.)

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Christian AUMAÎTRE – Vendre un livre

Qu’est-ce qu’un diffuseur, qu’est-ce qu’un distributeur, quelle place occupent-ils dans la chaîne du livre ? Comment se vend un livre d’un bout à l’autre du circuit commercial ?
Ces aspects seront abordés du point de vue d’un petit diffuseur distribuant de petits éditeurs sans grands moyens de production et de promotion de masse tels qu’en ont les grands groupe industriels du livre, j’entends le groupe Hachette ou Flammarion et plus récemment formé la Martinière/Le Seuil.
Vendre des livres au sein d’une petite entreprise, que ce soit une maison d’édition ou une librairie, contraint à faire des choix et met l’élément humain au premier plan.
Cette description de la vente d'un livre est donc volontairement portée sur les petits éditeurs, les librairies indépendantes et s’adresse à des lecteurs, non à des consommateurs. Elle est donc forcément naïve.

Selling a book
What is a middleman, what is a distributor, what place do they occupy in the chain of bookselling? How is a book sold, from one end to the other of the commmercial run? These aspects will be approached from the viewing angle of the small middleman distributing small publishers who have at their disposal none of the powerful means of production and mass promotion which are those of the great industrial publishing firms, namely Hachette or Flammarion, and the more recent La Martinière/Le Seuil.
Selling books in a small firm, whether it is a publishing firm or a bookshop implies making a number of choices and places the human element in the foreground. The following description of the sale of a book, therefore, dwells voluntarily on small publishers, independent bookshops, and addresses itself to readers, not to consumers. It is inevitably naive as a result. (C. B.)

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Bernard AUZANNEAU, Yves AVRIL, Dominique GOUST – Naissance d'un dictionnaire

Bernard Auzanneau et Yves Avril, les auteurs du livre, et Dominique Goust, directeur du Livre de Poche, racontent la naissance et la fabrication du Dictionnaire latin de poche (Le Livre de Poche, n° 8533) paru en avril 2004.
À la manière de Littré racontant comment il a fait son dictionnaire de la langue française, B. Auzanneau, chargé des lettres L à Z, décrit par le menu les contraintes de la rédaction du dictionnaire et la difficile mise au point de sa présentation matérielle pour atteindre l'homogénéité et la lisibilité indispensables. L'ambition du livre rédigé par deux anciens professeurs de latin est d'abord pédagogique : d'où les notions de civilisation, le memento grammatical et surtout les tableaux synthétiques (prépositions et conjonctions). L'accentuation et l'étymologie, dans la ligne d'É. Benveniste, ont également fait l'objet d'un soin perticulier.
Yves Avril, chargé les lettres A à K, revient sur l'ordre et la hiérarchie des informations données pour chaque entrée, et sur les containtes de l'édition (format de poche et public scolaire) qui ont entraîné des choix restrictifs quant au lexique et aux références, et rendu délicate une réédition.
Dominique Goust, directeur du Livre de Poche, rend pour finir un hommage au travail accompli en moins de trois ans (1997-2000), à la persévérance des auteurs, et à une certaine vitalité retrouvée des études latines en France.

Bernard Auzanneau and Yves Avril, co-authors of the book, and Dominique Goust, the editor of the collection "Livre de Poche", describe how their "Pocket Latin Dictionary" (Le Livre de Poche, n° 8533, published in April 2000) came to be and the way it was produced.
In the way Littré described how he came to design his dictionary of the French language, B. Auzanneau, who had the responsibility of letters L to Z, with a host of details tells us about the conditions and limitations of the elaboration of the dictionary and the difficulties the authors had in reaching the needed homogeneity and clarity. The two former professors of Latin had a pedagogical intention in mind, hence the notes about civilisation, the grammatical memento and above all the various tables (about prepositions, conjunctions…). Accentuation and etymology also received their greatest attention.
Yves Avril, responsible for letters A to K, concentrates on the order and hierarchy of all the data given for each entry, and the constraints linked with the edition of a pocket size book for a secondary school readership, which led to drastic choices as regards the lexical items and the number of references, and which made a new edition rather complex.
Dominique Goust, the editor of Livre de Poche, ends up with an homage to the authors for the work they did in less than three years (1997-2000), their perseverance, and congratulates himself on the renewed vitality of Latin studies in France. (T. G.)

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Marcelle BEAUDIQUEZ – « Vivre catalogalement » ou comment sont établis les catalogues des bibliothèques

L'auteur aborde le signalement du livre en décrivant les trois éléments qui doivent être réunis pour rendre ce signalement exploitable par le lecteur : un catalogueur professionnel, des règles de catalogage pérennes et un catalogue cohérent. Elle aborde également les évolutions en cours sur ces éléments pour montrer que celles-ci concourent à rendre plus facile la recherche du lecteur dans un catalogue tout en modifiant quelque peu la notion de fiche d'identité du livre.

“Catalogue Life” or how library catalogues are made.
The author tackles the question of cataloguing a book by describing the three elements necessary for the reader to be able to exploit this catalogue: it must be established by a professional, according to lasting rules and it must be coherent. She also describes the current evolutions which aim at making the reader’s research easier, whilst somewhat altering the notion of identity card of a book. (Ph. E.)

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Damien BELVÈZE – Je lis trop…

L'auteur part du sentiment qu'il lit trop. Il cherche l'origine de ce sentiment dans son passé de lecteur. Souvent, la maturité donne au lecteur l'envie de restreindre les lectures aux seuls livres essentiels, mais jusqu'à quel point ceux-ci peuvent-ils compter dans la formation de l'esprit ? Et d'ailleurs tout livre n'est-il pas essentiel dès que le lecteur apprend à y retrouver son être au monde ? Texte intégral en ligne

I read too much…
The author's starting point is the feeling that he reads too much. He seeks to trace up this feeling in his reader's past. Maturity often tempts the reader to restrict his readings to essential books exclusively, but to what extent can these be of importance in the formation of the mind? Besides, isn't any book essential as long as it teaches the reader to find his own existence recreated in it? (C. B.)

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Emmanuel BURON - Le texte et le livre. Éditer une œuvre ancienne

Cet article vise à montrer que l'objet sur lequel travaille l'éditeur scientifique d'une œuvre ancienne, et plus généralement celui sur lequel portent les études littéraires, ne doit pas se réduire aux textes du passé, mais qu'il doit inclure l'objet-livre, considéré dans sa matérialité. L'intention éditoriale à laquelle il répond oriente l'appréhension du texte lui-même par les lecteurs. On peut ainsi reconsidérer le problème de l'unité d'une œuvre et celui des genres, et même analyser des poétiques différentes en fonction des différents supports pour lesquels les œuvres ont été conçues.

Text and book. Editing ancient works
This article proposes to show that the object a scientific editor works on, and, more generally, that which literary studies bear upon should not be restricted to ancient texts but should include the book-object in its materiality. The editorial purpose it answers guides the apprehension of the text by the readers themselves. Thus it is possible to reconsider the problems of the unity of a work and of the genres, and even to analyse different poetics according to the different media for which the works were devised. (C. B.)

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Nicolas DELEAU – Faire voir

Quels ébranlements, quels mouvements et quels principes régissent le choix esthétique d'une forme mêlant le texte et l'image ? À quels impératifs répond cette insécable dualité ?
La question est ici envisagée sous l'angle de la création, et ne peut alors qu'être l'expression « d'une réflexion personnelle, d'une praxis et d'un credo ».
C'est dans l'attention constante à ces trois dimensions et à leurs liens que se développe ce qui n'est finalement (mais peut-être est-ce là son principal intérêt) que l'état des lieux d'une petite fabrique.

Giving to See
What are the intentions, the movements and the principles behind the aesthetic choice of a form combining a text and a picture? What are the imperatives of this inseparable duality? The question is envisaged here from the point of view of creation and therefore cannot be but the expression of “a personal reflection, a practice and a creed”.
Paying constant attention to these dimensions and their links together, the author only gives a description (but that is perhaps the whole point of the thing) of a little workshop. (Ph. E.)

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Michèle GAZIER – Pour qui écrivons-nous ?

Qu’est-ce qu’écrire ? De l’écriture de lettres de rupture pour ses amies adolescentes à la traduction, la critique, le roman, les nouvelles, les essais, l’écriture de scénarios, Michèle Gazier nous livre sa construction de « l’outil d’écriture ».

What is writing? From writing letters of separation for her friends when adolescent to translations, literary criticism, novels, short stories, essays, the writing of film scripts, Michèle Gazier shows us her construction of the "the tool for writing". (H. C.)

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Charlotte GOULD – Un livre est un livre est un livre… Quelques livres d'artistes contemporains à l'épreuve de la lecture de l'art

La notion de livre d'artiste, si elle a longtemps pu recouper des réalités variées allant du livre illustré au recueil d'oeuvres, connaît depuis les années soixante une définition beaucoup plus stricte, mais aussi beaucoup plus réflexive. Loin de procéder à une objectification du livre, les artistes, dans une démarche qui reste pourtant intrinsèquement esthétique, se sont approprié le livre pour ce qu'il est, et l'ont peut-être rendu encore plus présent à lui-même. Des pratiques contemporaines de réalisation de livres d'artiste, et en particulier les publications de certains Young British Artists en Grande-Bretagne dans les années quatre-vingt-dix, confirment, dans des recherches toujours originales, le respect de la spécificité livresque dont font montre les artistes qui s'intéressent au livre, jamais ni vraiment support, ni vraiment sujet.

A book is a book is a book… Some books by contemporary artists submitted to art reading
For a long time, the notion of artistic book corresponded to various types of books, from the illustrated book to the collection of works, but since the 60’s a stricter, more introspective definition has emerged. Far from considering the book as an object, artists take the book for what it is, in a process which remains essentially aesthetic, thereby enhancing the book as such. Contemporary artistic books, in particular publications by some Young British Artists in Britain in the 90’s confirm the respect for the book as such, although the research is always original and although the book is never either a medium or a subject. (Ph. E.)

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Louis GRUEL – Pour une histoire naturelle des bibliophiles

Les bibliophiles s’approprient des livres dans tous les sens du terme : ils en acquièrent et les font « leurs », les associent à leur identité, leur accordent une place de choix dans leur univers mental, leur agenda, leur espace domestique, ce qui donne du sel à leur vie. Mais il y a plusieurs modes d’appropriation des livres, et donc plusieurs types de bibliophiles : le « lecteur à loisir », dont le modèle est Michel de Montaigne ; le collectionneur éclairé (auquel Charles Nodier réservait le label de « bibliophile ») ; le bibliomane. Texte intégral en ligne

Towards a natural history of bibliophiles
Bibliophiles appropriate books in every sense of the term: they procure them, they make them theirs, fuse them with their own identity, granting them pride of place in their inner worlds, everyday lives or home environments – thus adding spice to their lives. But there are several ways of appropriating books and consequently several kinds of bibliophiles: the “leisurely reader” whose paragon is Michel de Montaigne, the collector (for whom Charles Nodier makes exclusive use of the term ‘bibliophile’), the booklover. (P. G.)

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Hervé GUILLERME et Isabelle TRÉHOREL – La vie est un songe

Pour Hervé Guillerme et Isabelle Tréhorel, libraires rennais spécialisés dans les littératures étrangères, un libraire doit être « subjectif et partial ». Ils nous exposent leur rêve de libraires et sa confrontation avec le réel.

For Hervé Guillerme and Isabelle Tréhorel, booksellers from Rennes, specialized in foreign literatures, a bookseller must be "subjective and partial". They state us their dream of booksellers as well as its confrontation with reality. (H. C.)

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Alain LE FLOHIC – Une vieille histoire

Une vieille histoire, celle du plaisir de lire qui va devenir celle du plaisir de partager ses lectures : avec des enfants, des personnes âgées, des détenus.

An old story
An old story, the story of the pleasure of reading, which is going to become the story of the pleasure of sharing one's readings: with children, elderly people, prison inmates. (C. B.)

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Pierre PÉRIER Lectures et identité à l'adolescence

Les préoccupations liées à la « baisse » de la lecture chez les adolescents suggèrent, au-delà des polémiques qui entourent les évaluations chiffrées et les raisons pour en rendre compte, d'examiner le sens et les usages de cette pratique, les fonctions qu'elle remplit et ses effets du point de vue des élèves. On découvre ainsi qu’à côté des exigences scolaires de la littérature, se développent des formes et goûts de lecture en partie masqués car appartenant en propre à la culture juvénile. D’une certaine manière, s’émanciper comme lecteur à l’adolescence, c’est se démarquer des lectures « héritées » de la famille ou imposées par l’institution scolaire, afin de conquérir d’autres lectures et manières de lire. Ces lectures ordinaires, assimilées à un loisir, procurent des moments de plaisir et d’évasion, apportent des réponses ou témoignages à des questions vives touchant particulièrement les adolescents. Elles participent de la construction d’une identité individuelle mais de façon différenciée selon les garçons et les filles, les jeunes de milieu populaire et les autres. Comment l’école, à travers notamment le CDI, peut-elle composer avec ces changements et différences, sociales et identitaires ?

Readings and identity of adolescence
Preoccupations related  to the ‘decline’ of reading among adolescents suggest that, beyond controversies over assessment figures and reasons for analysing them, it may be worthwhile probing into the significance and uses of this practice, its functions and effects from the students’ point of view. Thus one discovers that, beside Literature’s academic demands, are developed reading forms and tastes that remain partly concealed as belonging specifically to juvenile culture. Somehow, to emancipate oneself as reader in adolescence amounts to shaking off the readings ‘inherited’ from your family, or set down by school curriculums, in order to acquire other reading matter and manner. Those common readings equated to leisure, provide moments of pleasure and escape, bring answers or testimonies to keen issues that touch adolescents in particular. They  play a part in the construction of individual personalities, different for boys and girls, for young people from popular or other classes. How can schools – in particular through  Information and Documentation Centers – come to terms with these changes and differences, related to society and identity? (C. B.)

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Xavier-Laurent PETIT – Pour qui écrivons-nous ? Écrire pour la jeunesse aujourd'hui

Longtemps, la littérature-jeunesse s'est contentée du rôle récréatif, éducatif et moralisateur qu'on lui assignait. Mais depuis une qunzaine d'années, toute une génération d'auteurs et d'éditeurs, désireux de de dire le monde dans toute son humanité et ses ambiguïtés, propose d'autres textes. Plus imprévisibles, et souvent plus graves, ces romans se veulent un reflet des interrogations de leurs lecteurs, de leurs émotions et de leurs inquiétudes. Cette véritable révolution culturelle opérée par la littérature-jeunesse ne l'a cependant pas empêchée de rester la parente pauvre et vaguement marginalisée de la « Littérature ». Les éditeurs, eux, ne s'y sont pas trompés. Depuis plusieurs années, la part de marché du secteur jeunesse ne cesse de croître, au risque de ne plus offrir qu'une littérature fast food, normalisée et formatée selon les impératifs du tout-économique. Écartelés entre marketing et respect de leurs lecteurs, les adultes de demain, les auteurs ne peuvent plus ignorer cette nouvelle donne de leur travail.

Who do we write for? Writing for the young to-day
For a long time literature for the young contented itself with the recreational and moralising roles it had been assigned. But for some fifteen odd years now, a whole generation of authors and publishers, who wished to express the full humanity and ambiguities of the present world have been proposing different texts. The latter novels, in their greater unpredictability, and – more often than not – gravity, endeavour to give back an image of their interrogations, emotions, and anxieties.This genuine cultural revolution worked by the literature for the young did not, however, spare it the role of the poor and vaguely marginal relation of “Literature”. Publishers however were not mistaken. For several years already, the market of young readers’ departements has been steadily increasing, with the risk of offering nothing but a fast-food form of literature, standardized and formated in allegiance to the demands of omnipresent economy. Torn apart between marketing and respect for their readers – to-morrow’s adults – authors can no  longer ignore the new data of their task. (C. B.)

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Marc ROGER – J'attends des livres en transhumance…

Marc Roger est lecteur public depuis dix ans et anime l’association La Voie des Livres. Pour lui, « marche à pied, écriture et lecture » vont de pair. Il a entamé depuis octobre 2003 un voyage autour de la Méditerranée « en livres, à pied et à voix haute ».

Marc Roger has been a reader in public for ten years and he is the coordinator of the association "la Voie des Livres" (the way of books). For him, "walking, writing and reading"are on a par with each other. Since October 2003 he has started a trip round the Mediteranean Sea "by books, on foot and aloud". (H. C.)

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Marc VERNIER – Des origines de l’écriture au livre-objet

Après un survol historique, ce texte présente une réflexion sur le livre d’aujourd’hui considéré comme un produit de grande consommation, puis le rôle des revues et des éditeurs de livres d’artistes comme découvreurs de nouveaux talents.
Il pose aussi certaines interrogations sur l’enseignement des arts du livre et l’évolution des relieurs professionnels face aux nouvelles tendances de la reliure. Enfin il présente, à travers le parcours d’un créateur, la découverte du travail de conception et de réalisation de livres-objets.
Certaines de ses créations sont visibles sur le site Cité des Arts.

From the origins of writing to the book-object
After a rapid historic survey, this text presents remarks on today's book viewed as a major consumer product, and goes on to examine the role of reviews and publishers of art books as discoverers of new talents.
Questions are also asked about the teaching of bookmaking crafts and the evolution of professional bookbinders confronted to the new techniques of bookbinding. Finally, through a creator's experience, it throws into light the conception and realisation of book-objects.
Some of these creations can be seen on the Cité des Arts website. (C. B.)

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Section des travaux des anciens élèves du lycée Chateaubriand

Anne CHALARD-FILLAUDEAU - Cultural studies et géométrie des sphères

L’actualité des « cultural studies », qui investissent les départements universitaires, nous intime d’interroger leurs fondements et de tenter une approche définitionnelle. Mais la chose est rien moins que hasardeuse compte tenu de leur logique changeante et contextuelle, de leur recours contingent à certaines pratiques, de leur mode de théorisation indexé sur l’actualité – sans parler de leurs visages divers d’une nation à l’autre et/ou d’une culture à l’autre. C’est pourquoi nous nous proposons de déployer un faisceau de métaphores empruntées au domaine de la géométrie qui nous permettent de pointer des éléments stables et communs au champ pléthorique des cultural studies. Envisager leur rapport au temps et à l’espace et définir leurs objets d’étude en termes de sphères identitaires et culturelles, c’est mettre en évidence leur mobilité dans le champ scientifique et témoigner de leur appréhension souple et attentive des infimes perturbations qui surviennent dans l’ordre symbolique des pratiques culturelles, des institutions, des discours et démonstrations identitaires. Texte intégral en ligne

Cultural studies and the geometry of the spheres
The topical issues in ‘cultural studies’, which are gaining importance in university departments, demand that we question their foundations and conduct some defining investigations. But such a venture is nothing short of perilous if one bears in mind their changing and specific logic, their incidental recourse to specific methods, their mode of theorization geared to current affairs, to say nothing of their diversity from one country to the next and/or from one culture to the next. We therefore propose to make use of an array of metaphors borrowed from the sphere of geometry so as to focus on common and stable elements in the luxuriant realm of ‘cultural studies’. To consider their connection with time and space and to define their objects in terms of identity and culture is to highlight their scientific versatility and to confirm their flexible, attentive apprehension of the minute disruptions that occur in the symbolic realm of cultural practices, institutions or identity-related speeches and demonstrations. (P. G.)

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Jean-François GUENNOC – Victor Segalen et Nicolas Bouvier. Prolégomènes à une étude comparative

L'étude de la littérature viatique du siècle dernier invite à s'interroger sur l'un des nouveaux lieux obligés de l'histoire littéraire : l'association entre Victor Segalen et Nicolas Bouvier. Nous nous proposons ici d'examiner cette question de périodisation littéraire en multipliant les stratégies de commentaire à son encontre. En développant d'abord un petit précis d'anti-anachronisme qui retrace la singularité des deux parcours culturels de formation et de sensibilité. En revenant, ensuite, sur leur commune critique du genre viatique qui fonde la contestation en héritage. En voyant, enfin, comment le parcours de ces deux esthétiques invite à passer du thème à la structure et permet un élargissement du littéraire au philosophique. Texte intégral en ligne

Victor Segalen and Nicolas Bouvier. Prolegomena to a comparative study
Studying last century’s travel literature is an invitation to consider one of the new haunts of literary history: the association of Victor Segalen and Nicolas Bouvier. We propose to examine the issue of literary periods by commenting the notion from a variety of angles. We shall draw up a brief lexicon of anti-anachronism which retraces the cultural paths of the two writers’ personal development and sensibility. We shall then focus on their common criticism of travel literature, which turns protest into a legacy, and finally examine how the paths followed by those two aesthetes invite to turn from themes to structure and allow to branch out from literature to philosophy. (P. G.)

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Youenn MICHEL - L'école et les langues régionales en France. Quelques perspectives sur l'histoire des lycées au XXe siècle

Par tradition, le lycée français exclut les langues et cultures locales. Il est vrai que, par son public d’élite sociale et urbaine, le lycée n’est pas l’établissement où la « langue du peuple » est susceptible de s’exprimer. De plus, le contenu des principaux enseignements y a longtemps été influencé par le modèle des Humanités. Le débat apparaît à partir de 1945, lorsque des expériences ouvrent quelques lycées aux langues provençales, et surtout de la loi Deixonne de 1951, qui officialise des cours facultatifs dans certaines académies. Est-ce un signe que l’intérêt pour les cultures « marginales » a évolué ? Dans un premier temps, non, car les effectifs limités et la visée désintéressée de cette initiation ne perturbent pas la hiérarchie des matières. Du coup les régionalismes qui voyaient dans l’admission des langues locales au baccalauréat un symbole de prestige déchantent, puis protestent. Ce n’est qu’à partir de 1971 que cette protestation, conjuguée à l’entreprise de réforme du Secondaire, débouche sur la création progressive de véritables options de langues et cultures régionales. Texte intégral en ligne

Regional dialects in the French school system. A few insights into the history of French lycées in the XXth century
French lycées traditionally ban local dialects and cultures. It is true that, with its population proceeding from the urban social elite, the lycée is hardly a place for ‘the language of the people’ to be fully accepted. Besides, content in the main subjects was long inspired by the model of the Humanities. A debate began to develop in 1945 when pioneer projects introduced Provençal dialects into a few lycées, and even more so with the 1951 Deixonne Act which officialized optional courses with some local education authorities. Did this signal an interest in ‘marginal’ cultures? At first the answer was a negative, for the limited number of pupils and the disinterested purpose of such beginner courses did not interfere with the established hierarchy of school subjects. As a result, advocates of regional cultures who saw the inclusion of regional dialects among the Baccalauréat subjects as a symbol of prestige became disillusioned then protested openly. Only from 1971 on did such protestations combined with the reform of secondary education lead to a gradual introduction of genuine options for regional dialects and cultures. (P. G.)

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Lycée Chateaubriand Tél. : 02 99 28 19 00 - Fax : 02 99 28 19 05
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